Le projet des Champs Solaires Nucériens poursuit son instruction. À cette occasion, GLHD apporte plusieurs éléments de réponse dans le cadre d’un échange avec l’Observatoire des multinationales et partage un point d’étape sur l’autoconsommation collective, sujet suivi de près par les communes.
Dans le cadre d’un travail d’investigation consacré au projet, Lucille Giovannelli a sollicité GLHD sur plusieurs sujets liés au projet des Champs Solaires Nucériens : cadre agricole, études environnementales, modèle de développement, inscription territoriale et perspectives locales.
Nous remercions la journaliste pour la qualité de sa sollicitation sur ce sujet interdisciplinaire, ainsi que l’Observatoire des multinationales pour l’intérêt porté au projet. Sur un sujet à la fois agricole, énergétique, environnemental et territorial, il nous paraît utile d’apporter des éléments de réponse précis et accessibles.
Cette actualité est également l’occasion de partager un point d’avancement sur l’autoconsommation collective, à la demande des communes.
Une étude en cours à l’échelle du territoire
GLHD travaille actuellement avec une société spécialisée dans l’autoconsommation collective afin d’étudier les conditions de mise en place d’un dispositif local à l’échelle du périmètre historique du projet : Noyers-sur-Serein, Censy et Annay-sur-Serein.
Ce sujet a de nouveau été abordé fin mai lors d’un échange avec la maire de Noyers-sur-Serein et son premier adjoint. À cette occasion, GLHD a confirmé poursuivre ce travail et s’est engagé à revenir vers le territoire d’ici la fin de l’année avec des éléments plus aboutis.
Un sujet local, avec de fortes contraintes techniques
L’enjeu est d’étudier comment une partie de la production pourrait alimenter un dispositif local, en articulation avec les contraintes de raccordement, de distribution et de fonctionnement du réseau. Cela implique notamment d’analyser les conditions dans lesquelles une installation pensée pour un raccordement sur le réseau RTE pourrait, pour partie, être adaptée à une distribution plus locale.
Ce travail est en cours. Il mobilise l’équipe projet et des expertises spécifiques, avec un objectif simple : étudier sérieusement une solution utile, réaliste et adaptée au territoire.
Des réponses apportées dans un esprit de clarté
Le projet des Champs Solaires Nucériens est issu d’une démarche agricole collective. Depuis son origine, il se construit avec les exploitants et les acteurs locaux concernés, au fil des études, des échanges avec le territoire et des procédures réglementaires applicables.
L’information portée à connaissance s’inscrit dans cette continuité : elle vise à répondre de manière factuelle aux questions posées tout en donnant des nouvelles concrètes de l’avancement du projet.
Vous trouverez ci-après les réponses transmises à l’Observatoire des multinationales ; pour en faciliter la lecture, les questions ont été regroupées par grandes entrées éditoriales, tandis que les réponses reproduites sont strictement identiques à celles adressées à la journaliste.
1. Hypothèses économiques, horizon de rentabilité et prise en compte des charges réelles du projet
Nous ne pouvons pas confirmer cette reconstitution économique en l’état, car elle repose sur des hypothèses générales qui ne correspondent pas exactement aux paramètres techniques et financiers retenus pour le projet de Noyers-Censy.
Le productible et la valorisation de l’électricité ne se résument pas à une moyenne théorique par hectare. Ils dépendent du niveau d’équipement effectivement installé, du cadre de vente de l’électricité et des conditions de financement au moment de la mise en service.
Surtout, raisonner en « marge brute par hectare » ne permet pas de décrire fidèlement l’économie réelle d’une installation agrivoltaïque. Au-delà de la construction, il faut intégrer le raccordement, le financement, les assurances, l’exploitation, la maintenance, le renouvellement de certains équipements, le suivi dans la durée, les obligations de démantèlement et de remise en état, ainsi que les retombées fiscales versées aux collectivités locales, qui permettent aussi au territoire de bénéficier concrètement du projet.
C’est pourquoi un calcul simplifié ne permet pas de conclure sérieusement à un seuil de rentabilité atteint en 17 ans. En pratique, l’équilibre économique de ce type de projet s’inscrit généralement dans un temps plus long, qui se rapproche davantage d’un horizon d’environ 30 ans.
2. Fondements de l’évaluation environnementale et place des sources mobilisées dans l’étude d’impact
L’évaluation environnementale du projet ne repose pas sur une source isolée. Elle s’appuie d’abord sur des études réalisées par des bureaux d’études spécialisés et indépendants dans leurs domaines, puis sur l’instruction des services de l’État et de l’Autorité environnementale.
Autrement dit, l’analyse du projet repose sur un ensemble d’inventaires de terrain, de données bibliographiques, de mesures d’évitement, de réduction et de suivi. Si une formulation employée à propos d’une source secondaire peut appeler une précision, elle ne constitue ni le fondement principal, ni l’élément déterminant de l’évaluation environnementale du projet.
3. Méthodologie des inventaires écologiques, indépendance des bureaux d’études et analyse du cas du Circaète Jean-le-Blanc
Aucune consigne n’a été donnée au bureau d’études pour éviter artificiellement une demande de dérogation espèces protégées. Les inventaires écologiques et l’étude d’impact ont été réalisés par des prestataires spécialisés selon leurs méthodes d’expertise, puis instruits dans le cadre réglementaire habituel.
S’agissant du Circaète Jean-le-Blanc, l’analyse ne repose pas uniquement sur un nombre brut de passages, mais sur un faisceau d’éléments croisés : prospections de terrain, données bibliographiques, historique des observations sur la commune et lecture des habitats présents sur site.
En l’état des observations disponibles, l’espèce n’a pas été relevée sur le site du projet. Le dossier souligne par ailleurs que les grandes cultures intensives présentes sur les parcelles sont peu favorables aux reptiles, qui constituent la ressource alimentaire principale de l’espèce. À l’inverse, les secteurs périphériques plus favorables ont été pris en compte et font l’objet de mesures de préservation et de renforcement écologique.
4. Organisation contractuelle de la coactivité, garanties apportées aux exploitants et stabilité du projet agricole dans la durée
Le cadre contractuel n’a pas été conçu pour fragiliser les exploitants, mais pour organiser dans la durée une coactivité agricole et énergétique claire, lisible et sécurisée.
Dans le cas du projet de Noyers-Censy, les engagements portent notamment sur le maintien d’une activité agricole significative, la coordination des interventions techniques et la pérennité du projet agricole sur le temps long. Tant que l’exploitant respecte ses engagements agricoles, il n’a pas vocation à être écarté. Le contrat vise au contraire à donner de la stabilité à l’exploitation.
Cette logique est cohérente avec l’esprit même du projet, qui a été construit avec les agriculteurs concernés, et avec la charte d’engagements agricoles du collectif, qui place la réalité du projet agricole au premier plan.
5. Démantèlement, remise en état du site et niveau de garantie prévu pour l’installation
L’obligation de démantèlement et de remise en état est intégrée au projet lui-même. Elle figure dans les engagements contractuels conclus avec les propriétaires et s’impose à la société qui portera et exploitera l’installation.
Autrement dit, cette obligation ne repose pas sur la seule permanence de GLHD dans le temps : elle suit juridiquement le projet et son porteur.
Le dossier reprend par ailleurs un niveau de garantie de référence de 10 000 euros par MWc. L’essentiel à retenir est donc que le démantèlement est prévu, encadré et contractuellement repris dès l’amont ; il ne s’agit pas d’un engagement seulement déclaratif.
6. Construction du modèle agronomique, enseignements du retour d’expérience Terr’Arbouts et suivi de la qualité des sols
La visite d’étude à Terr’Arbouts n’avait pas pour objet de transposer un modèle agronomique landais à l’élevage ovin dans l’Yonne.
Son intérêt était d’abord méthodologique et humain : permettre aux agriculteurs de Noyers-Censy de rencontrer un collectif déjà engagé dans une démarche agrivoltaïque, de comprendre concrètement les étapes d’un projet de cette nature, les points de vigilance, les modalités de travail collectif et la place du dialogue territorial.
Le projet de Noyers-Censy a, lui, été construit à partir de ses propres réalités locales : contexte pédoclimatique du plateau, caractéristiques des sols, besoins des exploitations, volonté de diversification et retour de l’élevage ovin, complétés par des ateliers avicoles et truffiers.
Concernant la qualité des sols, le dossier comprend déjà une analyse spécifique du milieu physique, complétée par des études géotechniques et des engagements de suivi. Le projet prévoit en outre une réduction de la mécanisation, l’absence de produits phytosanitaires sur les parcelles concernées et un suivi agricole dans la durée.
7. Distinction entre développement opérationnel des projets, actionnariat, organisations professionnelles et cadre législatif de la filière
GLHD est une société de développement de projets agrivoltaïques. Notre rôle consiste à accompagner des collectifs d’exploitants agricoles dans la conception, l’étude, la concertation, l’instruction et la mise en œuvre de projets adaptés à leurs exploitations, à leurs pratiques et aux réalités de leur territoire.
EDF Power Solutions est aujourd’hui actionnaire de GLHD à parité avec Cero Generation. Cette évolution capitalistique, consolidée en 2025, renforce les capacités techniques, financières et opérationnelles de GLHD, sans modifier la nature de notre activité : développer des projets agrivoltaïques concrets, ancrés localement, pensés avec les agriculteurs et soumis aux procédures réglementaires applicables.
Il convient également de distinguer les différents niveaux d’intervention. EDF Power Solutions dispose de ses propres activités, de ses propres projets et de ses propres positions au sein de la filière énergétique. GLHD, pour sa part, développe ses projets selon sa méthodologie, son ancrage territorial et son approche agricole, avec une attention particulière portée à la primauté du projet agricole, à la réversibilité des installations, à la non-artificialisation des sols et au dialogue avec les parties prenantes locales.
S’agissant de France Agrivoltaïsme, il est important de préciser que l’adhésion d’EDF Power Solutions est postérieure aux travaux d’élaboration et d’adoption de la loi APER. Elle ne peut donc pas être présentée comme ayant déterminé, à ce titre, la rédaction de l’article 54. Plus largement, les organisations professionnelles ont vocation à contribuer au débat public, à partager des retours d’expérience et à participer à la structuration d’un cadre commun. Cela ne se confond pas avec le développement opérationnel d’un projet, qui relève d’une instruction administrative, environnementale, agricole et territoriale propre à chaque site.
En tant que membre fondateur, GLHD participe également aux travaux de la Fédération Française des Producteurs Agrivoltaïques, dont la vocation est précisément de faire entendre la voix des agriculteurs engagés dans des projets agrivoltaïques. Les membres du collectif agricole de Noyers-Censy sont d’ailleurs adhérents à cette fédération afin que leur expérience de terrain, leurs besoins et leurs contraintes puissent nourrir les réflexions collectives sur l’évolution de la filière.
Notre conviction est simple : un cadre réglementaire exigeant est nécessaire pour éviter les dérives, garantir la place centrale de l’agriculture et permettre le développement de projets réellement utiles aux exploitations. C’est dans cet esprit que nous inscrivons notre action : concilier innovation agricole, transition énergétique, préservation des sols, biodiversité et appropriation territoriale.
8. Logique d’implantation territoriale, réduction progressive des emprises et adaptation du projet aux réalités locales
La logique de l’entreprise n’est pas de remplir un quota territorial, mais d’accompagner des projets lorsqu’ils répondent à une demande agricole locale et qu’ils franchissent, à chaque étape, les filtres du territoire, des études, de la concertation et de l’instruction.
Cela suppose de partir d’aires d’étude parfois larges, puis de réduire les implantations autant que nécessaire au fil des expertises et des échanges. Le projet de Noyers-Censy en est une illustration concrète, puisqu’il a été significativement revu à la baisse au cours de son développement.
L’approche de GLHD n’est donc pas volumétrique : elle consiste à adapter chaque projet aux réalités du site concerné, et non à appliquer une logique uniforme de développement.
9. Études hydrologiques complémentaires, sols karstiques et poursuite des investigations techniques
Concernant le sujet des études hydrologiques des réponses ont été apportées dans le dossier du projet (étude d’impact, mémoire en réponse enquête publique, etc.). A ces éléments s’ajouteront les résultats des études complémentaires réalisées en réponse à la prescription des arrêtés de permis de construire sur ce sujet.